Achillea millefolium ~ ACHILLÉE MILLEFEUILLE

19/07/2021

MONOGRAPHIE

Nom latin : Achillea millefolium L.

Noms communs : Achillée millefeuille, herbe aux charpentiers, herbe à la coupure, sourcil de Vénus

Famille botanique : Asteraceae / Compositae

Identification : Ses feuilles apparaissent au printemps, en petites touffes vert clair et douces au toucher car finement dentellées et toutes en longueur. Elles ont l’aspect d’une plume ou encore d’une queue d’écureuil pour les plus longues (30cm). Les fleurs apparaissent entre les mois de mai et septembre (parfois plus tôt, en mars-avril selon la région), au sommet d’une tige verticale qui peut atteindre jusqu’à 1 mètre de hauteur. Les fleurs sont petites, blanches ou parfois roses, à 5 petales et groupées en corymbes.

Habitat, Culture, Multiplication : L’achillée est une herbe vivace que l’on retrouve couramment dans les prairies, les haies, les bords de chemin de balade, les clairières, les champs et bords de route, dans les régions temperées de l’hémisphère Nord. L’achillée se multiplie d’elle-même, abondamment, et peut être multipliée par l’homme en divisant ses racines. L’achillée se plait dans les sols pauvres et caillouteux mais s’adapte très bien à d’autres sols.

Dans les Alpes, on retrouve (bien que moins couramment) d’autres variétés de l’Achillée. Certaines plus petites et fortement aromatiques : Achillea moschata (Iva), Achillea atrata (achillée noiratre), Achillea erba-rotta (achillée musquée) et Achillea nana (achillée naine) dans les éboulis ; d’autres plus grandes : Achillea macrophylla (l’achillée à grandes feuilles) dans les forêts montagneuses, et Achillea ptarmica (achillée sternutatoire) dans les zones de plaine.

Parties utilisées : feuille ; fleur ; racine

Consignes de cueillette : cueillir les feuilles lorsqu’elles sont jeunes (mai-juin et septembre) car elles contiennent un jus hautement guérisseur ; cueillir les fleurs un jour sans pluie car elles renferment plus d’huiles volatiles lorsqu’elles ne sont pas mouillées par la pluie ou l’humidité ; cueillir les racines à l’automne.

Goûts : amer, piquant, astringent, pointu, tranchant

Energétique : froid, chaud, sec

Composants : Huiles volatiles 5% (alpha pinène et beta pinène, bornéol, acétate de bornyle, bornéone, caryophyllène, 1,8- cinéole, eugénol, farnésène, linalol, myrcène, sabinène, acide salicylique, acide izovalérianique, terpinéol, lactones sesquiterpèniques, chamazulène, thuyone), flavonoïdes (apigénine, lutéoline, quercetine), glycosides flavonoïdes (artémétine, casticine, rutine), tannins, principe amer, sesquiterpènes, silice, stéroles, acides aminés (lysine), acétylènes, aldéhydes, cycitoles, résines, acide achillique, asparagines, choline, polyacétylènes, coumarins, acides gras (linoléique, palmitique, oléique), vitamines (B, C, E), minéraux, triterpènes, glycosides cyanogéniques

Actions : analgésique/anti-douleur, astringent, antimicrobiale, antifongique, cholagogue, choléretique, hépatique, carminatif, tonique digestif, stomachique, expéctorant, décongestionnant, stimulant circulatoire, vasodilateur, diaphorétique/sudorifique, fébrifuge, diurétique, amère, anti-inflammatoire, anti-rhumatismal, antispasmodique, anti-allergique/antihistamine, vulnéraire, anti-hémorrhagique/haemostatique, émménagogue, tonique immunitaire

Utilisations médicinales : J’ai rencontré l’Achillée millefeuille pour la première fois un soir de pleine lune, une de ces soirées magiques que l’on ne saurait oublier. J’étais sortie profiter de la lumière de la lune et j’étais à la recherche d’un coin dans l’herbe pour m’asseoir et admirer la lune, grosse et lumineuse. J’étais sortie sans éclairage mais j’étais guidée par mes pieds et par la lune. D’un coup, mes pieds se sont arrêtés net devant un par-terre d’Achillées fleuries. C’était l’été. La blancheur des fleurs irradiait sous la lumière de la lune. Je les ai tout de suite reconnues, identifiées. Je me suis assise parmis elles et j’ai pris conscience de ma région pelvienne prenant ce bain d’Achillée, et de la connection subtile et sanguine qui était là entre la lune, l’Achillée et moi. J’ai pris conscience du rayonnement et de la pureté du féminin.

L’Achillée a longtemps été utilisée en lien avec le sang. Elle a la capacité
– d’arrêter le sang (utile en cas de saignement du nez, règles abondantes, blessures haemoragiques sur la peau et à l’intérieur du corps),
– de fluidifier le sang qui stagne (fièvres élevées, retard ou absence des règles du à une stagnation/congestion utérine)
– ainsi que de nettoyer le sang (excès de toxines dans le sang ou le foie, vieux sang).
Herbe tonique du système veineux, elle rend le sang plus liquide lorsque celui-ci est chaud et congestionné, manifestant : une mauvaise circulation, des pieds froids, des crampes aux jambes, ou encore des varices. Elle fait diminuer la tension et est indiquée en cas de thrombose liée à une tension élevée. C’est une herbe merveilleuse qui diffuse et fait sortir toute chaleur/énergie emprisonnée dans le corps, en décongestionnant, purifiant et détoxifiant le corps avec douceur. Traditionnellement, elle est utilisée pour les fièvres chez l’enfant et les infections éruptives telles que la rougeole, la varicelle, la variole, la typhoïde et le paludisme. L’Achillée est utilisée par voie interne pour soigner les allergies du type rhume des foins, rhinites, urticaire et autres infections de la peau.

En santé féminine, elle est utile en cas de ménorragie, aménorrée, endométriose, prolapse utérin, fibrome, kyste, et gênes de la ménopause (sueurs nocturnes, agitation nerveuse). Elle peut également être utilisée pour déclencher un accouchement. L’Achillée soutien la phase lutéale du cycle menstruel (jours 14-28) et la sécretion de l’hormone progestérone.

Du fait de sa fonction circulatoire et éliminatrice, l’Achillée a également une affinité pour les reins. Elle fait circuler l’eau et tonifie la vessie, permettant de soulager : rétention d’eau, infection urinaire, incontinence, prolapse de la vessie, encourageant ainsi une bonne élimination. Son énergie est descendante et tonifiante (╛╘).

Amère et tonique, l’Achillée stimule la digestion. Elle tonifie les muqueuses digestives, améliorant ainsi l’absorption des nutriments. Elle est utile en cas de diarrhée et de flatulences causées par un estomac « froid » (dont le feu digestif est éteint, donc affaibli). L’achillée sous forme de tisane ou de macérât vinaigré stimule l’appétit lorsqu’elle est prise une demie heure avant le repas. Ses actions vulnéraire et anti-inflammatoire lui permettent de soigner : saignements gastrointestinaux, maladies intestinales telles que l’ulcère peptique et autres problèmes inflammatoires tels que la gastrite et la colite. Du fait de ses vertus circulatoire et purificatrice, l’Achillée peut être ajoutée en synergie avec d’autres plantes pour traiter rhumatismes, arthrite, et maladies auto-immunitaires. Antispasmodique, elle soulage les crampes musculaires, les spasmes et petites douleurs du corps (douleur digestive, menstruelle…). Antiseptique et anti-microbiale, elle chasse et soigne les toux sèches, les infections pulmonaires, catarrhes et la grippe.

L’Achillée promeut l’activité immunitaire du corps. Son nom fait d’ailleurs référence au héro grec Achilles qui utilisait cette plante avec succès pour guérir les blessures de combat. C’est une herbe au caractère « guerrier » on pourrait dire… D’un point de vue énergetique, elle renforce les murailles du corps : on sait qu’elle soigne les blessures physiques et retablie donc l’intégrité de notre peau (notre limite), mais elle offre également la protection d’un bouclier. Elle permet de réduire notre sensibilité et notre susceptibilité aux émotions et énergies négatives environnantes. C’est une plante appropriée, lors d’un travail énergetique, pour les personnes hautement empathiques dont le corps, ayant perdu son intégrité, est devenu un « champ de bataille » émotionnel. Elle est également utilisée en protection contre les pollutions environnementales du type radiations éléctromagnétiques. C’est une herbe de protection que les Amérindiens utilisent par ailleurs pour chasser les mauvais esprits.

Préparations médicinales :

Dosage pour la tisane : 40g pour 1L d’eau, 2-3 tasses par jour

Synergie Achillée + Romarin : sous forme d’infusion (parts égales) pour les tensions cérébrales et frontales dues à une utilisation excessive d’appareils éléctroniques (écrans). Sous forme d’alcoolature, compléter cette synergie avec la baie de Myrtille.

Synergie Achillée + Armoise + Sauge : sous forme d’infusion (parts égales) pour promouvoir le flux menstruel.

Synergie Achillée (fleurs) + fleur de Sureau + menthe poivrée : sous forme d’infusion pour soulager fièvres et congestion des voies respiratoires. Un bain chaud dans lequel on infuse de l’Achillée soulage également la fièvre.

Bain de siège post-partum : Soigne, tonifie et regénère les tissus lors d’un déchirement ou d’une inflammation en post-partum – mettre les herbes dans un petit sac en mousseline et infuser dans le bain de siège : feuille de Framboisier (30), Ortie (20), Achillee (20), feuille de Consoude (10), Calendula (10), Roses (10)

Jus d’Achillée : mixer une petite poignée de jeunes feuilles dans 1L d’eau

Pour arrêter le sang d’une blessure, mâcher les feuilles et appliquer sur la blessure. Renouveller toutes les 2 heures (ou fabriquer un baume à partir des feuilles).

Pour arrêter le sang d’un saignement du nez, broyer quelques feuilles fraîches et les mettre dans le nez.

Pour les douleurs de dents, mâcher les feuilles ou la racine.

Contre-indications : Ne pas utiliser pendant la grossesse. Ne pas utiliser en simultané avec des anti-coagulants. L’Achillée peut causer dermatite et photosensibilité.

Sources :

Traveler’s Joy, Juliette de Bairacli Levy
The Book of Herbal Wisdom, Matthew Wood
The Modern Herbal Dispensatory, Thomas Easley & Steven Horne
Se soigner par les plantes, Docteur Gille Corjon
350 plantes medicinales, Wolfgang Hensel
Herbalism: An Illustrated Guide, Non Shaw
Sacred Plant Medicine, Stephen Harrod Buhner
Hygieia: A Woman’s Herbal, Jeannine Parvati
A tus plantas Alpujarra, Anabel Sandoval & Julio Donat
The Illustrated Herbal Handbook, Juliette de Bairacli Levy
Plantes de montagne, Marie-Laure Babelon
Conversations with Plants, Nikki Darrell
A Modern Herbal, Mrs M. Grieve
Ireland Plant Medicine Guide, Sage L. Maurer, The Gaia School of Healing
The Lunar Apothecary, Worts + Cunning Apothecary
“Listen” Podcast Episode 13, Forage Botanicals
The Complete Herbal Tutor, Anne McIntyre
Se soigner avec les plantes de nos montagnes, François Couplan
Essential Oils: Their Therapeutic Use in Herbal Medicine, Aromatic Medicine And Aromatherapy. A concise Manual, Nikki Darrell