Urtica dioica ~ ORTIE

17/07/2021

MONOGRAPHIE

Nom latin : Urtica dioica

Noms communs : ortie, grande ortie, ortie dioïque, ortie piquante, ortie commune, ortie grièche (de “griesche” : douloureux, méchant)

Famille botanique : Urticaceae

Identification : L’ortie est une herbe vivace. Elle est formée d’une tige unique, fine, droite, robuste, rougeâtre et poilue poussant jusqu’à 1.5 mètres de hauteur, et de feuilles opposées et dentées. La plante entière est recouverte de poils urtiquants. Elle fleurit à partir du mois de mai, offrant de délicates et petites fleurs attachées sur un fil pendant et accroché au dessous des feuilles. L’ortie pousse en colonies et a un réseau impressionant de rhizomes (des tiges sous-terraines horizontales) depuis lesquelles sont produites ses racines fibreuses.

On distingue Urtica dioica de Urtica urens. Cette dernière est une annuelle qui pousse tout près du sol, a de plus petites feuilles, une tige verte, et pique plus que l’Urtica doica !

Habitat, Culture, Multiplication : Les orties poussent sur des sols humides et riches en nitrogène. Elles ont une action fertilisatrice sur le sol et on les retrouve souvent poussant au pied des arbres. Elles poussent communément sur des terres negligées et dormantes où le sol est compact car elles préparent le sol à la pousse. Grâce a leurs rhizomes horizontaux et robustes, elles décompactent le sol, ouvrant des espaces d’oxygène pour permettre l’arrivée de nouvelles plantes et une plus grande biodiversité. L’ortie est une excellente plante pour pailler le jardin, enrichir et accelérer le compost, et fabriquer un fertilisateur liquide (tremper les feuilles d’ortie dans l’eau de pluie plusieurs semaines puis diluer dans l’arrosoir à 1:5). Les animaux de la ferme aiment beaucoup manger l’ortie, surtout lorsqu’ils ont besoin de prendre des forces. Leur lait est d’une plus grande qualité lorsqu’ils se nourrissent d’orties. L’ortie se multiplie grâce à ses graines et ses rhizomes voyageurs.

Parties utilisées : feuille ; graine ; racine

Consignes de cueillette : cueillir les feuilles à partir du mois de mars, les jeunes pousses du dessus, encore tendres. Éviter de cueillir la plante lorsqu’elle est en fleurs car elle est fibreuse et difficilement digérée / assimilée par le corps à ce stade. Cueillir les graines pendant l’été lorsqu’elles sont sèches sur la plante, en coupant à la serpette les tiges d’ortie et en les mettant à secher tête en bas dans un sac en papier pour recueillir facilement les graines. Cueillir les racines à l’automne ou au printemps. 

Goûts : Astringent, légèrement amer, salé, doux

Energétique : froid et chaud, sec

Composants :

  • Parties aériennes : Amines (histamine, choline, acétylcholine, sérotonine, 5-hydroxytryptamine) – Acides dont acide ascorbique – Flavonoïdes dont quercétine – Glucoquinone – Minéraux dont Calcium, Potassium, Fer and Magnésium – Acide silicique
  • Racines (rhizomes) : Phénols – Stéroles dont stigmast-4-enzone et stigmastérole
  • Graines : Acides gras dont palmitique, stéarique, oléique, linoléique et eicosanoïque

Actions : diurétique, tonique nutritif, anti-inflammatoire, adaptogène, anti-allergène, antihémorrhagique, anti-rhumastismal, astringent, tonique sanguin, stimulant circulatoire, décongestionnant, expéctorant, légèrement hypoglycémique, hypotensif, tonique immunitaire, vasodilateur, tonique de la thyroïde, antiseptique, galactogène, analgésique, anti-cancer, rubéfacient

Utilisations médicinales : L’Ortie a une réputation moindre chez la plupart des gens : non seulement c’est une mauvaise herbe mais en plus elle pique ! En herboristerie, c’est une panacée. “En cas de doute, choisis l’Ortie” est une phrase connue de l’herbaliste David Hoffman.

L’Ortie est une plante hautement nutritive : elle est remplie de fer, de potassium, de calcium, de silice, de vitamine C, de minéraux, protéines, gras, chlorophylle et magnésium. C’est une grande tonique nutritive pour le corps. Une tisane longuement infusée d’orties est parfois vert foncé ou noir, et offre un goût profond, terreux même. Comme le lait maternel, la tisane d’Ortie nourrie et répare les cellules du corps. Nutritive et regénératrice, elle nourrie les parties du corps où l’énergie est dormante ou stagnante. Elle est très efficace en cas de : fatigue, fatigue chronique, léthargie, teint blafard, carence en minéraux, activité musculaire déficiente, anémie due à une carence en fer, faiblesse immunitaire, organes impotents, problèmes de thyroide, fatigue surrénale et stress chronique. Si l’on se tient à la doctrine de signatures (l’apparence de la plante nous indique son usage) l’ortie serait particulièrement utile chez les personnes fines, de grande taille, et de nature nerveuse.  

L’Ortie est un tonique sanguin : elle nettoie et purifie le sang, le nourrit, stimule la circulation sanguine (utile en cas d’hypotension), et conduit le sang de l’intérieur vers la péripherie du corps. Du fait de son action purifiante sur les tissus corporels, elle est légèrement diurétique et dépurative, et soutient l’elimination de l’acide urique via les canaux sanguins, puis les reins avant excrétion urinaire. Elle est traditionnellement utilisée en cas de présence de sang dans les selles et de calculs urinaires. Les graines d’Ortie sont indiquées en cas de rétention d’eau, de fonction rénale affaiblie et de mucus dans le système rénal. Les racines d’Ortie sont utilisées dans le traitement de problèmes urinaires, en phase initiale d’un élargissement de la prostate. Le feuille d’Ortie en infusion ou bain de siège, à raison de deux fois par jour, peut être utile en cas de descente de la vessie.

Influencée par la planète Mars du fait de son caractère chauffant et activant, l’Ortie chasse les maladies de nature froides et humides ainsi que les inflammations de nature chaudes. Elle est fortement recommendée en cas de rhumatismes et inflammations du type : arthrite, arthrose, raideurs articulaires et goutte. On sait qu’alterner chaud et froid soulage les inflammations… autrefois, on frottait ou fouettait les zones douloureuses avec un bouquet d’Ortie pour créer de la chaleur. Puis, on appliquait un tissu préalablement trempé dans du vinaigre, afin de créer du froid. On répétait l’operation toutes les trois heures. En cas de paralysie, on appliquait également l’Ortie fraîche sur la zone à problème. On peut fabriquer un onguent anti-inflammatoire avec les graines d’Ortie et le Romarin pour soulager inflammations et douleurs articulaires aux pieds et aux mains. Ce même onguent peut être utilisé pour soulager les douleurs sciatiques.

L’Ortie est une grande alliée de la fertilité. Elle est utilisée en cas d’infertilité chez l’homme et la femme. C’est aussi une alliée de la femme enceinte (du fait de ses vertus minéralisantes et nutritives) et de la femme allaitante (elle est galactogène et arrête la lactation lorsque le bébé est sevré). Véritablement, c’est une alliée de la femme à toutes les étapes de sa vie. On l’utilise pour réguler le flux menstrel, soulager les crampes menstruelles, guérir l’impuissance sexuelle (chez l’homme et la femme), arrêter l’hémorragie post-natale, et réguler les hormones. L’Ortie est une alliée de la ménopause. J’ai un jour rencontré une femme dans le sud de l’Espagne qui traversait la ménopause et a vu apparaître un jour devant sa maison un plant d’Ortie. Peu de temps auparavant, elle avait demandé à ce qu’une plante se présente à elle pour l’aider à traverser cette période de sa vie…

Sous forme de baume ou d’eau de lavage, l’Ortie soigne les brûlures (soulage la douleur et amoindri les marques de cicatrisation), les piqûres, le psoriasis, l’eczéma, les égratinures, les irritations, morsures de chien, boutons, et maladies chroniques de la peau. En cas de saignements de nez, mâcher ou écraser quelques feuilles d’Ortie et les appliquer dans le nez (écrasées, elle ne piquent plus…). En cas de chute de cheveux, de cuir chevelu sec ou de pellicules, nettoyer les cheveux avec une infusion concentrée d’Ortie. Pour les ongles cassants, on peut faire une cure d’Ortie (tisane) pour les renforcer.

Enfin, l’Ortie est très soutenant lors de maladies plus graves du type gangrène, cancer, tumeur, ulcère, maladies chroniques, crise cardiaque, malnutrition, obésité, anoréxie et boulimie. Elle soutient l’immunité et renforce le corps. Elle soulage aussi l’asthme, les allergies et le rhume des foins, et libère le surplus de mucus qui peut se trouver dans les voies respiratoires.

Préparations médicinales :

Infusion d’Orties : mettre 2 cuillères à soupe d’orties sèches dans une casserolle. Verser par dessus 1L d’eau pure, froide. Couvrir et laisser infuser toute la nuit. Le lendemain, boire tout au long de la journée.

Synergie pour l’arthrite : Ortie + Achillée millefeuille. L’Ortie nourrie, tandis que l’Achillée stimule la circulation des fluides.  

Macérât huileux d’Ortie + Consoude pour soigner les douleurs articulaire, cassures d’os, rhumatisme et arthrite. Dans un bocal mettre des feuilles de Consoude sèches et des feuilles d’Ortie sèches. Verser par dessus de l’huile d’olive vierge, bio, pressée à froid. Laisser macérer 40 jours avant utilisation (huile corporelle).

Bain de siège post-partum : Soigne, tonifie et regénère les tissus lors d’un déchirement ou d’une inflammation en post-partum – mettre les herbes dans un petit sac en mousseline et infuser dans le bain de siège : feuille de Framboisier (30), Ortie (20), Achillee (20), feuille de Consoude (10), Calendula (10), Roses (10)

Lait d’Ortie : dans une casserolle de lait, ajouter de la racine d’Ortie. Laisser frémir 20 minutes pour une boisson nourrissante et réchauffante.

Jus d’Ortie : mixer 2 poignées de feuilles d’Ortie + 1 verre à shooter d’eau.

Pesto d’Ortie : mixer 1L de feuilles d’Ortie, 3 gousses d’ail, 1/2 verre de noix, 1 cuillère à café de vinaigre de cidre de pomme ou de citron et 125-250ml d’huile d’olive vierge, bio, pressée a froid

Tonique de Fer : dans un bocal mettre une poignée de feuilles d’Ortie sèches ou fraîches, une poignée de pruneaux coupés en morceaux (environ 400g) et le zest et jus d’une orange bio. Verser dans le bocal une bouteille de jus de raisin bio. Laisser infuser 2-3 semaines, puis réduire en purée et prendre 1-2 cuillère à soupe par jour. Conserver au frigo et consommer dans les 2 semaines.

Vinaigre « ménage du printemps » : Infuser, à parts égales, Mélisse + Gaillet grateron + feuille d’Ortie + feuille de Pissenlit dans du vinaigre de cidre de pomme, pendant 2 semaines, à l’abri de la lumiere. Filtrer puis mettre en bouteille. Consommer dans l’année. Pour une cure printanière, 1-2 cuillères à soupe par jour dans de l’eau tiède le matin, 30min avant le déjeuner ou dans les sauces et vinaigrettes.

Sel à l’Ortie : feuilles d’ortie sèches réduites en poudre + graines d’Ortie sèches + sel marin

Contre-indications : Plante aux effets urticaires chez certaines personnes. Consommer les parties « vieilles » de la plante peut causer des incomforts digestifs. À consommer consciencieusement si vous êtes sous anti-coagulant, traitement anti-diabétique ou traitement pour la tension, du fait de ses actions légèrement diurétique, hypoglycémiante et hypotensive, et de son taux élevé en vitamine K.

Sources :

Weeds in the Heart, Nathaniel Hughes & Fiona Owen
A Modern Herbal, Mrs M. Grieve
Ireland Plant Medicine Guide, Sage L. Maurer, The Gaia School of Healing
Se soigner par les plantes, Docteur Gille Corjon
350 plantes medicinales, Wolfgang Hensel
Conversations with Plants, Nikki Darrell
Plantes de montagne, Marie-Laure Babelon
The Illustrated Herbal Handbook, Juliette de Bairacli Levy
The Lunar Apothecary online course, Worts + Cunning Apothecary
“Listen” Podcast Episode 9, Forage Botanicals
The Book of Herbal Wisdom, Matthew Wood
Traveler’s Joy, Juliette de Bairacli Levy
A tus plantas Alpujarra, Anabel Sandoval & Julio Donat
Hygieia: A Woman’s Herbal, Jeannine Parvati
Herbalism: An Illustrated Guide, Non Shaw